Developmental issues

Daily news, comments, analysis

Friday, September 24, 2004

Compte rendu du 7ème Sommet Economique de l’Eurasie

Septembre 2-4, 2004

Le Sommet Economique de l’Eurasie est organisé chaque année par la fondation du Groupe Marmara depuis 1998. Le but du Forum est de renforcer les liens économiques, politiques et culturels avec les pays du continent eurasien, en général, et avec les pays turcophones en particulier. L’ordre du jour avait retenu les thèmes suivants :

La globalisation et le regard stratégique sur les économies de l’Eurasie
Les relations économiques de l’Union européenne avec l’Eurasie
L’évaluation des politiques énergétiques des Etats-Unis, de l’Union européenne, de la Turquie en Eurasie
L’évaluation du rôle des politiques énergétiques en Eurasie dans la stabilité régionale et mondiale
L’évaluation de la hausse des prix sur la croissance économique en Eurasie
La sécurité énergétique et les projets des investissements dans le secteur d’énergie en Eurasie
La lutte contre le terrorisme au niveau régional et mondial
L’élargissement de l’Otan vers l’Est et le rôle de l’Otan dans le monde contemporain
L’évaluation des tendances et perspective du futur de l’Eurasie

En réalité, les principales préoccupations des intervenants se sont localisées autour de 3 sujets:
- les projets et les politiques énergétiques dans la région
- les tendances politiques et géopolitiques en Eurasie
- la lutte contre le terrorisme et le projet américain "Grand Moyen Orient".

Pendant la cérémonie d’ouverture, de nombreux hommes politiques et hommes d’affaires turcs tels que M. Akkan Suver, Directeur de la Fondation du Groupe Marmara, M. Ulusoy, le Président de TURSAB, M. Ömer Sabanci, Président de TUSIAD, M. Süleyman Demirel, l’ancien Président de la Turquie, ont souligné la place centrale de la Turquie en Eurasie et l’importance du renforcement des liens économiques, politiques et culturels parmi les pays de la région. Ils ont, également, bien insisté sur le fait que l’Eurasie ne constitue pas une alternative à l’Union européenne pour la Turquie, mais qu’elle représente un élément complémentaire dans la consolidation du rôle de la Turquie dans la région comme un relais entre les pays de l’Eurasie et l’UE.

La première session a été consacrée à la coopération économique en Eurasie. Les participants ont examiné l’impact de la globalisation sur les économies de l’Eurasie. M. Mehmet DÜLGER, Directeur de la commission pour les affaires étrangères du Parlement turc a mentionné les trois axes de la politique étrangère de la Turquie : l’Occident, l’Eurasie et le Moyen Orient. Il a parlé, également, du rôle de la Russie, de la Chine et de l’EU en Eurasie. M. DÜLGER a définit l’Eurasie comme un territoire se composant des Balkans, du Caucase et de l’Asie centrale.

M. Atalay ŞAHİNOĞLU, le Secrétaire Général de la Chambre de Commerce d’Istanbul et M. Ülker GÜZEL, adjoint du Directeur du Commerce Extérieur de Turquie (DTM), ont essentiellement donné des informations chiffrées aux participants du Sommet sur les activités de leurs organisations et sur les relations commerciales entre la Turquie et les pays de l’Eurasie.

M. Ferhad ALIEV, Ministre d’Etat d’Azerbaidjan, Mme Ilinka Mitreva, Ministre des affaires étrangères de Macédoine, M. AMANGELDİ MURALİEV, Ministre de l’Industrie et du Commerce de Kirghizstan, M. MARTİN SAJDIC, Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères d’Autriche, M. Robert KOLAR, Sénateur de la République Tchèque, M. GOSMAN AMRİN, représentant du Ministère pour l’Industrie et le Commerce du Kazakhstan, M. Vasiliy Kuznetsov, Président de la Commission des Affaires Etrangères du Parlement russe, M. ULZİİSAİKHAN ENKTUVSHİN, Ministre d’Etat de Mongolie sont intervenus pour décrire l’économie de leurs pays et souligner l’importance du Sommet dans le renforcement des relations entre les pays de l’Eurasie et les différents projets économiques, notamment dans le secteur énergétique. Par ailleurs, M. KOLAR a mentionné l’importance du projet TRACECA pour l’Union européenne.


La troisième session était consacrée aux politiques et projets énergétiques. La session a été ouverte par M. Hüsamettin DANIŞ, Directeur Général de TUPRAS, qui a parlé des projets de sa compagnie. Il a souligné les investissements réalisés dans les raffineries de Izmit, Izmir, Kirikkale et Batman. le Dr. Hilmi GÜLER, Ministre turc de l’énergie et des ressources naturelles a parlé des projets énergétiques, notamment l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan. M. ELYEZER ZANDBERG, Ministre des infrastructures internationales d’Israël, a attiré l’attention des participants sur les aspects sécuritaires des projets énergétiques et la nécessité de lutter contre le terrorisme. M. Pierre LEPETIT, Directeur à l’Institut Français des Relations Internationales, a souligné l’importance des ressources énergétiques dans les relations de l’UE avec l’Eurasie, notamment en ce qui concerne le gaz naturel et le rôle de la Russie comme un exportateur majeur des ressources énergétiques vers l’Union européenne. M. LEPETIT a parlé aussi des efforts de l’EU pour une politique énergétique coordonnée et plus élaborée. La diversification des sources d’approvisionnement, principalement par le développement des infrastructures de transport des ressources énergétiques de la Caspienne et de l’Asie centrale vers l’Europe étant prioritaire dans les politiques énergétiques de l’UE, M. LEPETIT a mentionné plusieurs projets financés par l’UE tels que TRACECA, BSREC, BSEP et INOGATE. M. Dimitry BESKURNİKOV, représentant le Ministère de l’énergie et de l’industrie de Russie, a parlé des vastes ressources énergétiques de la Russie et du besoin d’IDE dans le secteur énergétique russe.

Pendant cette session, M. WASHINGTON, représentant du Ministère de l’énergie des Etats-Unis, a informé les participants que les Etats-Unis vont continuer à soutenir la construction d’infrastructures de transport de pétrole et de gaz au Caucase et en Asie centrale, qui vont aller vers les marchés mondiaux à travers la Turquie. M. WASHINGTON a insisté à plusieurs reprises sur l’importance de cette politique.

Au cours du dernier jour du Sommet les problèmes de la lutte contre le terrorisme et le Projet "Grand Moyen Orient" ont été abordés. M. Albert CHERNİCHEV, ambassadeur de Russie en Turquie, M. Murat BILHAN, Directeur du centre de recherches stratégiques du Ministère des affaires étrangères de Turquie, M. Steven HAMMEL, professeur à l’Université de Concordia (EU) et M. ZHELYU ZHELEV, ex-Président de la Bulgarie, ont expliqué aux participants leurs visions partagées de la nature du terrorisme et l’importance de la coordination des actions dans la lutte contre celui-ci.
Seule fausse note : Le Général (E.R.) Tuncer KILINÇ a fait part aux participants de ses doutes sur le bien-fondé du projet Grand Moyen Orient.

En clair, l’Armée Turque, farouchement nationaliste, est ulcérée de la volonté américaine, sous prétexte d’islam, d’englober la Turquie dans un monde arabe auquel les Turcs, à juste titre, refusent obstinément d’être assimilés.

Le 7ième Sommet était organisé et financé par diverses entreprises, organisations et association turques telles que la Chambre de Commerce d’Ankara, Arcelik, Balin Sekerleme ve Gida Mad, Basaran Ulusoy, Beko, Calik Holding, Cenay telecom, Digit Digital, Disbank, Emsas Insaat, Favori Reklam, Gural Porselen, Ihlas holding, ITKIB, le Chambre de l’Industrie d’Istanbul, le Chambre du Commerce d’Istanbul, le Magasin Kobiefor, Milangaz LPG Dagitim, Milten, Nuh Cimento, Palmali shipping, Profilo, Turkuaz, Tursab, Turk Barter Türkiye Sise ve Cam Fabrikalari, Turk hava Yollari, Union des chambre et de Bourses de la Turquie, Ulker, Unut Group.

Les activités de TPAO, Sisecam, Turkuaz étaient, également, présentées sous forme de clips publicitaires pendant les séquences de pause dans la salle de conférence.

Tuesday, August 31, 2004

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Wednesday, July 21, 2004

Immigrant Cash Transfers

Immigration from poor countires to rich countries has been one of the significant sources of income for the families of the immigrants in the poor countries. This study by the www.eldis.org finds the importance of these cash transfers in the reduction of child poverty in developing countries.

Friday, July 16, 2004

Les ravages du tabac au Sud

« Les ravages du Tabac au Sud » 

1. Définition 
 
Tabac – « plante annuelle de la famille des Solanacées, et le produit obtenu par séchage et préparation des feuilles de cette plante, qui se prise, se chique ou se fume » (Dictionnaire Encyclopédique de la langue française, Editions de la Connaissance, 1998)
A présent, 60 millions de personnes dans le monde vivent de son commerce. La culture du tabac exige une main-d’œuvre nombreuse et relativement qualifiée. Le tabac doit son succès principalement à la nicotine qu’il contient. La double action stimulante et sédative de cette dernière procure à un consommateur du tabac une certaine perception de bien-être spécifique. Cependant, la consommation du tabac occasionne une dépendance, qu’on appelle tabagisme,  et cause des risques graves d’accidents cardiovasculaires et de cancers. 

  2. Historique  

 
Jusqu’à présent, les effets négatifs du tabac touchaient principalement les pays riches ou/et les parties plus aisées des populations. Cependant, depuis peu de temps le tabac « se libéralise » et « se démocratise ». Au cours du 20ième siècle, le tabac a tué 100 millions de personnes, et si le rythme actuel se maintient, au 21ième siècle, il va tuer 1 milliard de personnes. Au moins 80% de ces victimes du tabac habiteront dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Si les pays riches sont en train de « se guérir » de l’épidémie du tabagisme, dans les pays du Sud, selon l’OMS, le tabagisme est dans les phases « contagieuses » et « d’essor dynamique ».
Il existe plusieurs raisons pour cette tendance telles que la libéralisation du commerce international, l’intégration économique, la domination des marchés nationaux par les firmes multinationales et la propagation du mode de vie occidental dans les pays du Sud.
Avec la baisse de la demande de cigarette dans les pays développés, les firmes multinationales se délocalisent et se concentrent dans les pays en développement, exploitant le faible niveau des normes législatives, la corruption des autorités, et le manque général d’information sur les effets nocifs du tabagisme parmi les consommateurs du tabac au Sud. 

  3. Chiffres significatifs-Faits marquants- Exemples

 
-         A présent, 30% des adultes dans le monde fument ;
-         Chaque jour 100.000 enfants devinrent des fumeurs réguliers ;
-         D’après une étude de l’OMS, à présent, 10% des 13-15 ans dans les pays du Sud fument régulièrement ;
-         D’après une étude sur le tabagisme en Chine, 70% des fumeurs chinois pensent que le tabac est « peu ou pas dangereux » ;
-         Une hausse de 10% sur le prix d’un paquet de cigarettes se traduit par une baisse de la demande de 8% dans les pays en développement ;
-          Les études montrent qu’il existe une corrélation négative entre le niveau d’éducation des individus et le tabagisme. 

  4. La problématique du tabac au Sud

 
            Comme partout dans le monde, dans les pays du Sud le tabac pose des problèmes qui relèvent des domaines de l’économie et de la santé. Cependant, la lutte contre le tabagisme au Sud reste une question très controversée. Premièrement, il faut noter que les tendances actuelles de libéralisation des marchés mondiaux et la mondialisation en tant que telle sont  à l’origine de l’aggravation des problèmes du tabagisme au Sud. Deuxièmement, face à l’intensification de la lutte contre le tabagisme et la baisse de la demande de tabac dans les marchés des pays développés, les firmes multinationales productrices du tabac  concentrent leurs activités « en produisant dans les pays du Sud, et pour les pays du Sud ». Cette situation, en même temps avec le manque de normes législatives réglementant la production, le marketing et la vente des produits du tabac, laissent les populations des pays du Sud dans une position de vulnérabilité extrême vis-à-vis de l’offensive médiatique et publicitaire de l’industrie du tabac. Finalement, les ressources limitées et parfois l’absence totale de la volonté politique de lutter contre le tabagisme des gouvernements des pays du Sud, craignant les effets négatifs d’une telle mesure sur l’activité économique et les recettes budgétaires, amplifient la gravité de ce problème. 

 
5. Les stratégies de lutte contre l’épidémie du tabac au Sud

 
Premièrement, préconisant que le tabagisme est une maladie pédiatrique : la majorité des fumeurs, à présent, même dans les pays du Sud, commencent à fumer dans l’adolescence, il faut cibler cette catégorie de la population de manière prioritaire dans la lutte contre le tabagisme. Deuxièmement, les organisations internationales, notamment l’OMC, doivent incorporer l’importance de la lutte contre le tabagisme dans leurs activités et réglementations du commerce international. D’un autre côté, les gouvernements des pays du Sud devront effectuer l’élaboration et l’application de leurs propres politiques de lutte contre le tabagisme, en admettant que la diminution de l’activité économique due à la destruction des emplois dans l’industrie du tabac et la possible baisse des recettes publiques sont d’un caractère purement sectoriel et court terme. Ces politiques pourront être menées du coté de la demande ou/et de l’offre du tabac. Pour la diminution de la demande, l’augmentation des prix du tabac semble être la meilleure mesure, surtout si on considère les possibles effets positifs de cette mesure sur les recettes publiques. Tout de même il existe d’autres moyens pour réduire la demande tel que la mise en garde explicite contre le tabac sur les paquets des cigarettes, l’interdiction totale ou partielle de la publicité pour le tabac, etc. Du coté de l’offre, les  gouvernements peuvent prendre des mesures comme l’imposition des restrictions sur l’achat du tabac, les restrictions sur le commerce international du tabac, la diminution de la contrebande du tabac, voire l’interdiction totale de la culture et de la commercialisation du tabac.                 

 
6. Bibliographie

 
1.                  « Maîtriser l’épidémie : l’Etat et les aspects économiques de la lutte contre le tabagisme », La Banque Mondiale, 2000, ISBN 0-8213-4728-4
2.                  « An introduction to international trade agreements and their impact on public measures to reduce tobacco use” Cynthia Gallard, Neil Collishaw et Michelle Shwenarchuk, Commonwealth Medical Association, 2001
3.                  “Tobacco or health: global status report”, L’Organisation Mondiale de la Santé, Genève, Suisse, 1997 

Hongrie: les investissements étrangers et la croissance économique

 
Introduction
 
Au cours des dix dernières années, la Hongrie[1] s’est imposée des changements radicaux en vue d’ouvrir son marché à la concurrence internationale et d’intégrer l’économie mondiale. Certaines réformes à caractère limité ayant eu lieu dès la fin des années 60, l’économie de la Hongrie dans les années 80 était déjà un peu plus ouverte que celle des pays à économie planifiée. Toutefois, une étape décisive a été franchie en 1988 lorsque la Hongrie a procédé à des réformes radicales en vue de permettre le libre établissement des entreprises, de réduire la place de l’État dans l’économie et d’établir le cadre juridique et réglementaire d’une économie de marché. Les engagements internationaux de la Hongrie découlant de plusieurs accords importants en matière de commerce et de coopération ont encore accéléré la libéralisation des échanges.
Une des principales caractéristiques de la transition de la Hongrie vers une économie de marché a été la politique active menée par le gouvernement en faveur de l’investissement étranger. En effet, la Hongrie compte parmi les pays de cette région qui ont attiré et retenu un des plus importants volumes d’investissements étrangers au cours des dix dernières années. Les entrées de capitaux étrangers et l’introduction de nouvelles techniques de gestion ont joué un rôle de premier plan dans la restructuration, le regroupement et le développement du secteur manufacturier et du secteur tertiaire. Les entreprises étrangères sont en général assurées de bénéficier de conditions véritablement concurrentielles et le processus réglementaire vise à éviter les restrictions commerciales inutiles et à encourager la réduction des obstacles techniques aux échanges.
Les réformes se sont encore accélérées lorsque la Hongrie a indiqué son intention d’adhérer à l’Union européenne, avec notamment l’adoption de mesures harmonisées à l’échelle internationale et la reconnaissance des évaluations de conformité effectuées à l’étranger. Dans l’ensemble, on peut dire que la détermination dont les gouvernements successifs de la Hongrie ont fait preuve depuis 1990 dans la mise en oeuvre de réformes destinées à renforcer la concurrence et à ouvrir les marchés pour assurer une croissance économique rapide et durable représente aujourd’hui l’un des principaux atouts de l’environnement économique de la Hongrie. Même avant les changements politique en 1989, la Hongrie a établit les institutions de base de l’économie de marché et a commencé d’attirer les investissements étrangers. Le haut niveau des investissements directs à l'étranger (IDE) en Hongrie a stimulé la hausse de la production industrielle et l’augmentation des exportations et du PIB à partir de 1996. Malgré les effets négatifs de la crise russe en 1998 et du conflit en Yougoslavie, l’expansion économique a été atteinte. L’adhésion de la Hongrie à l’Union européenne en mai 2004 va sans aucun doute renforcer ces tendances accélérer la croissance économique en Hongrie.
L’objectif de cette étude est de montrer le rôle et l’impact des investissements étrangers dans le développement économique de la Hongrie pendant ces derniers 15 ans (1989-2004). Pendant cette étude l’auteur va utiliser les données de la Banque centrale de la Hongrie, du Bureau Central de la Statistique de la Hongrie, du FMI, du CNUCED, de la Banque Mondiale, ainsi que de son étude précédente[2]  sur la corrélation économétrique entre les IDE et la croissance économique dans l’ensemble des pays ex-socialistes en transition.     La première partie de l’étude est consacré à l’analyse des investissements étrangers en économie hongroise, les sources de ces IDE, les types et les spécificités. La deuxième partie a l’objectif de montrer l’impact de ces investissements étrangers dans l’économie hongroise.




[1] Pour les informations de base sur la Hongrie, regardez l’Annexe 1

[2] « Foreign Investments and Economic Growth in transition economies », présenté lors de la Conférence Internationale, Kyiv, Ukraine, 2002
 
 
Pour voir les autres chapitres:
 
http://regulus.upmf-grenoble.fr/QuickPlace/dges4/PageLibraryC1256E7E00478CE1.nsf/h_AE3790CB79FD6B78C1256E7E004AF4C6/349A95EF55DA6D4DC1256E90004CB391/?OpenDocument

Urbanisation et développement

Fiche de Lecture 
 
1. Références Bibliographiques
 
Auteur : Olivier Petit
Titre : « Note de synthèse sur la métropolisation. Chapitre 1 : De l’économie urbaine à l’économie urbaine stratégique : le renouveau des approches économiques de la métropolisation»
Editions : Centre de Documentation sur l’Urbanisme, DGUHC, Paris la Défense, Septembre 2003 
  
2. Nature du Document
 
Note de synthèse sur les processus de la métropolisation décrivant les nouvelles approches économiques de la métropolisation, les effets de la globalisation et spécificités des analyses dynamiques régionales sur la métropolisation et l’enjeu essentiel des politiques aménagement des territoires menées en France. 
  
  3. Les idées fortes du chapitre
 
La métropolisation est l’ensemble des processus urbains à l’échelle de la grande ville. Il existe des différentes approches d’analyse du processus de la métropolisation. Les approches présentées interprètent la métropolisation à partir des concepts économiques. Certains des théoriciens et chercheurs débordent du champ économique pour aborder des enjeux sociologiques, opérationnels et stratégiques ou lient l’économie et le développement durable.
 
Selon les approches « purement » économique, la métropolisation apparaît comme un domaine particulier de l’économie. A partir du champ économique, la métropolisation apparaît comme «un ensemble de processus d’interaction spatiale entre les agents. Ceux-ci renforcent, par leurs actions, les tendances à la concentration urbaine des hommes et des activités». Les auteurs de cette approche insistent, en particulier, sur les processus qualifiés d’externes comme la création de districts industriels ou de lieux de concentration des informations au sein et autour des métropoles. Les très grandes villes s’imposent comme des milieux favorables à l’activité économique et à la multiplicité des agents. C’est la diversité des activités et la concurrence entre les acteurs qui assurent la croissance et le  développement des métropoles.
 
Mais en même temps, les auteurs montrent la nécessité de spécialisation pour le développement des métropoles. Il y a, à la fois, diversité et concentration. C’est par le biais des secteurs industriels, de commerces ou de technopôles ou des zones spécialisées en nouvelles technologies que les agglomérations millionnaires assurent leur croissance et leur développement. La métropolisation est dépendante de l’extérieur mais subit une contradiction: la diversité et la spécialisation. Pour sortir de celle-ci, les très grandes villes sont analysées comme mettant en relation les acteurs et les activités. Elles jouent un rôle de coordination.
 
L’existence de ces fonctions assure la coordination métropolitaine et induit l’inscription de l’étude de la métropolisation dans le courant de l’analyse sociale. La métropolisation n’ayant pas échappé aux phénomènes de pauvreté, de ségrégation sociale, d’institutionnalisation incomplète du territoire, etc.  devient, alors, un terrain de mise en oeuvre des politiques publiques. Les phénomènes de paupérisation de certains quartiers des métropoles et les impacts environnementaux de la métropolisation sont abordés et étudiés comme les résultats contre-productifs des dynamiques économiques et spatiales liées à la globalisation et à la mondialisation. Le débat gravite entre spécialisation et diversité et autour des méfaits d’une trop forte interdépendance des économies et sociétés à l’échelle mondiale.
 
La spécialisation spatiale dans les processus métropolitains apparaît comme le résultat de la globalisation économique. Ainsi, la métropolisation est le résultat des changements du système productif. Elle est liée à la mondialisation et à diverses crises industrielles (fordiste, post fordiste, technologique, etc.). L’approche économique rend compte de processus menant à la concentration des activités sur des territoires précis, la plupart du temps, au sein des très grandes villes.
 
Cependant, les approches économiques de la seconde génération met en avant l’idée de la métropolisation stratégique. Les adhérents de ces approches marient métropolisation et enjeux sociaux ou environnementaux. Par exemple, certains auteurs décrivent des villes en fonction de stades historiques. Les formes urbaines dépendent du stade de développement économique atteint.
 
Aujourd’hui, les dynamiques marquant le territoire sont l’individuation, la rationalisation et la différenciation. L’individuation signifie que les individus sont dans un processus d’autonomie croissante vis-à-vis du groupe et de la nature. L’impact spatial de ce critère est le développement de la mobilité individuelle et les phénomènes de périurbanisation et de suburbanisation. L’espace devient un enjeu majeur au sein des métropoles.
 
La notion du développement durable dans la métropolisation a été introduite par  Bassand. Ainsi, Bassand définit le développement durable à partir des textes fondateurs, comme ceux du rapport Brundtland, mais surtout grâce à un découpage en trois domaines : le développement social, la croissance économique et la gestion environnementale. Bassand participe au courant économique définissant des stades de développement et s’inscrit dans les approches critiques de la modernité et de la domination du Sud par le Nord. Toujours dans le registre des remarques d’ordre général concernant les travaux de Bassand, la métropolisation est marquée par deux phénomènes concomitants mais ne suivant pas les  mêmes logiques. Le premier concerne l’étalement urbain. Les villes ne peuvent plus contenir la croissance urbaine. Ces dimensions de la question métropolitaine rendent compte du phénomène de suburbanisation. Le second est le résultat de la gentrification des centres villes. En dégorgeant les centres, les populations plus aisées l’investissent en suivant les programmes de rénovations urbaines. Mais le «chaos des villes» n’est pas résorbé : congestion et pollution en résultent. L’environnement urbain est atteint. Un processus de périurbanisation s’enclenche de façon concomitante.
 
Bassand aborde, avec la question de l’étalement urbain, les enjeux environnementaux et affirme sa vision des métropoles prédatrices. La métropolisation serait porteuse de processus de dégradations environnementaux. L’étalement non contrôlé a pour conséquences la pollution, la contamination de l’eau, de l’air, de sols, et les inégalités sociales. Bassand utilise, à ce point de sa réflexion, le terme de métropolisation durable pour pallier les difficultés inhérentes à la croissance urbaine. Cet auteur la définit comme l’équilibre entre l’équité sociale et économique, la préservation de l’écosystème et le développement du patrimoine construit tant au profit des générations actuelles que des générations futures. 
  
Appréciation personnelle
 
 
Pour  l’auteur de cette note de synthèse la métropolisation apparaît comme une étude des processus urbains par les chercheurs spécialisés en économie ou en économie urbaine. Cependant, il note plusieurs auteurs qui dans leurs travaux sur la métropolisation débordent le champ purement économique, en introduisant les notions sociales, environnementales et du développement durable. Pourtant dans cette note de synthèse je n’ai pas trouvé une analyse plus approfondie de la métropolisation au Sud, qui contient à présent la plupart des métropoles du monde. A mon avis, dans l’analyse de la métropolisation, une étude plus approfondie des processus de la métropolisation dans les pays du Sud est incontournable pour le développement de ce champ de l’analyse.    
  
 
Mots-clés
 
Métropolisation, métropolisation durable, suburbanisation, périurbanisation, «chaos des villes» 
  
Pour aller plus loin
 
1.      ASCHER (François), Métapolis ou l’avenir des villes.- Paris, Odile Jacob, 1995.- 345 p. (CDU 31531) ;
2.      BASSAND (Michel) dir., Métropolisation, crise écologique et développement durable : l’eau et l’habitat précaire à Hô Chi Minh-Ville.- Lausannes, Presses Universitaires Romandes, 2000.- XII + 299 p., cartes, tabl ., bibliogr. (CA C10880) ;
3.      LACOUR (Claude) coord. ; PUISSANT (Sylvette) coord., La Métropolisation :
Croissance, diversité, fractures.- Paris, Anthropos, 1999.- 190 p., bibliogr. (Coll.
Villes). (CDU 50305)

Culture and development

Je vous présente la fiche de lecture pour la livre de Lê Thành Khôi « Culture, Créativité et Développement .
 
Je trouve ce livre est incontournable pour comprendre le lien entre la culture et le développement.
 
 FICHE DE LECTURE 
  
  
1. Références bibliographiques 
 
Auteur :  Lê Thành Khôi
Titre : « Culture, Créativité et Développement »
Edition : L'Harmattan, Paris, 1992, 229 pages, ISBN : 2-7384-1034-0 
  
 
2. Nature du document
 
Livre analysant le rôle de la culture dans le développement. 
  
  3. Résumé du livre
 
L'introduction de l'aspect culturelle dans le développement est un phénomène récent et constitue une évolution très positive, puisqu'elle permet de mieux comprendre la complexité du développement. Cependant, la culture est une partie intégrale des forces qui régissent la société. Donc, son rôle dans le développement doit être analysé dans une interaction dynamique avec les autres aspects de la vie sociale et économique, ainsi qu'en prenant en compte des actions et des intérêts de tous les acteurs nationaux et internationaux.
.  
 
4. Principales idées – Arguments – Conclusion
 
Culture est un phénomène temporel et spatial, qui implique la nécessité pour chaque société d'élaborer ses propres liens entre sa culture et son développement en sens générale. Cependant, si les pays du Tiers Monde essayent de transposer les modèles occidentaux dans leurs sociétés, ces politiques ne peuvent pas réussir puisqu'elles ne prennent pas en compte leurs spécificités culturelles, sociales et économiques. De l'autre coté, même si c'est claire que la réappropriation de sa propre identité culturelle, de son "imaginaire" national est indispensable pour le développement à longe-terme d'une société, elle ne peut pas être considérée comme une seule base du développement.
 
L'hypothèse de base de l'auteur est ce que "la culture, interprétée de façon critique et dynamique, est aussi une force productive". Cependant, par la culture l'auteur n'implique pas le savoir intellectuel ou artistique, mais "l'ensemble des créations d'un peuple pour vivre avec la nature et avec d'autres peuples" ou "la mémoire collective qui fait qu'il est lui-même".
 
 Le développement est possible comme le résultat d'un effort interne et de la créativité endogène, ce qui implique la capacité de penser par soi-même et de trouver des solutions appropriées à ses problèmes en comptant principalement sur ses propres forces. La créativité implique l'invention, et de cette manière s'oppose à l'héritage culturel, mais en même temps, elle base son épanouissement dans cet héritage. Cependant, il est évident que la créativité endogène ne peut pas se baser seulement sur la culture locale, elle exige aussi l'ouverture aux tendances mondiales.
 
            L'échec de la transposition des modèles occidentaux "économiste" dans les pays du Tiers-monde a conduit à l'apparition d'une tendance "culturaliste". Cette tendance a trois courants:
1.     Courant "intégriste", qui proclame que les traditions, les normes morales et spirituels propres mènent au développement. Ce courant s'oppose aux influences occidentales.
2.     Courant "maoïste" (Mao Zedong), qui essaye de détruire les traditions pour construire une société nouvelle collectiviste.
3.     Courant "intermédiaire", qui se base autour des notions de"authenticité", d'"identité culturelle", sans se refuser des influences extérieures et met en avant l'idée du "développement endogène"
 
          Tous ces courants proclament que dans le développement l'aspect culturel est prédominant. Pour analyser ces courants, l'auteur propose à examiner leurs principales notions: l'authenticité, l'endogénéité, l'identité culturelle.
 
          L'authenticité "met l'accent sur l'activité propre du peuple qui cherche dans les valeurs de ses ancêtres celles qui contribuent à son développement tout en étant ouvert à la culture d'autrui". Cependant, cette notion en prenant la culture comme un absolu, "occulte complètement les problèmes économiques, sociaux et politiques", et cache des problèmes réels de l'économie et de la société.
 
          L'endogénéité implique la valorisation de ses propres ressources de la société, mais en prenant en compte des évolutions temporelles qui transforment ces ressources. Selon l'UNESCO: "le développement endogène c'est un processus autonome par lequel une société choisit consciemment et librement le modèle de ce qu'elle entend devenir" .
 
          Les notions de l'authenticité et de l'endogénéité ont plusieurs défauts, notamment, elles sont centrées sur l'origine (la structure), et not le contenu de l'action. Le développement "authentique' ou 'endogène" ne signifie pas le refus des apports extérieurs. 
 
          Après avoir décrit les différents courants « culturaliste » et leurs principales bases théoriques, l’auteur propose dans la deuxième chapitre du livre, une approche plus approfondie d’analyse du rôle de la culture dans le développement. On constate que les pays du Tiers-monde sont extrêmment hétérogènes et pour analyser cette hétérogénéité, l’auteur propose se baser sur trois niveaux d’analyse :
1.     Identification des facteurs culturels dans le développement ;
2.     Identification des acteurs et des agents impliqués dans la prise de décision ;
3.     Les rapports des forces et la dialectique des relations entre les acteurs pour expliquer le rôle de la culture dans le développement ;
 
Cette analyse doit prendre en compte des aspects culturel, économique et politique sans privilégier l’un de ces aspects.
 
Avant de commencer l’analyse, l’auteur définit les principaux aspects de cette analyse : le développement, les agents et la culture.
 
Dans le concept du développement, il distingue le développement économique (des forces productives), le développement social (niveau de vie) et le développement culturel (des connaissances, des valeurs, des attitudes).
 
Pour l’auteur, la culture est l’ensemble des créations matérielles et non-matérielles d’un groupe humain dans ses relations avec la nature et avec d’autres groupes. La culture a certains composants qui sont importants pour le développement tel que l’idéologie, la langue, la science, la technologie et l’information.
 
En ce qui concerne les agents, il distingue les agents nationaux et les agents internationaux tel que les peuples et les ethnies, les individus, les organisations, les classes et catégories sociales. Ces acteurs peuvent agir soit comme les catalyseurs du développement, soit comme les obstacles au développement.
 
L’analyse montre la complexité des relations entre ses trois composants : la culture, les agents et les effets de leurs activités sur le développement politique, économique, sociale et culturel. Cependant, les contradictions entre ces différentes forces du développement revêtent des formes spécifiques dans chaque société et à chaque moment. De ce point de vue, il est très important de prendre en compte toutes ces spécificités dans l’analyse et programmes d’action pour le développement  
 
Les expériences du « développement » à travers le monde montre qu’il y a des pertes spirituelles et culturelles liées au développement économiques et les changements structuraux sous-jacents.
 
Dans le troisième chapitre, l’auteur montre le rôle de la culture dans le développement politique à travers des nombreux exemples de différents pays tel que l’Inde, le Vietnam, la Chine, etc. Dans ce chapitre, l’auteur aussi montre les relations entre la culture et la construction de l’Etat, le pouvoir et la démocratie.
 
Dans le dernier chapitre du livre, L’auteur explique et analyse de manière plus approfondie les liens entre la culture et le développement économique et social. Selon Lê Thành Khôi, ce n’est pas la culture en soi, c’est-à-dire détachée de son contexte sociologique et historique, qu’il faut considérer, mais la manière dont elle est interprétée et vécue par la population, en particulier par la classe dominante.
Indépendamment de leur culture les sociétés du Tiers-monde peuvent accéder au développement économique et social en important les techniques correspondant à des besoins réellement collectifs et en analysant les conditions économiques, sociales, culturelles, qui favorisent leur implantation. Pour faciliter ce développement, il faut aussi créer des bases de la créativité et de l’autonomie qui sont capables de déclencher une dynamique sociale tenant compte du passé. A la fin du livre, l’auteur présente son schéma du développement, qui est fondé sur la modération des désirs et l’équilibre entre l’homme et la nature. Ce schéma est basé sur les besoins culturels et économiques. L’auteur appelle ce schéma comme un schéma intégré parce qu’il intègre des besoins fondamentaux de consommation et de travail avec les exigences de production, d’éducation et de formation. Parmi les besoins fondamentaux, l’auteur distingue l’alimentation, la santé, l’habitat, l’éducation, le travail. Si on résume, ce schéma à trois aspects importants :
1.     Le développement se fait non par une réduction, mais par une augmentation de la consommation ;
2.     Le facteur humain l’emporte sur le facteur capital ;
3.     La culture nationale, débarrassée de ses aspects négatifs, joue un rôle d’impulsion.
 
La principale conclusion du livre consiste en ce que le développement des pays du Tiers-monde n’est pas possible, si ce développement ne prend pas en compte des caractéristiques culturels et historiques de chaque pays. La transposition des modèles extérieurs dégrade la créativité endogène, qui est le facteur essentiel du développement. Cependant, il est claire que le développement du Tiers-monde n’est pas possible sans apports extérieurs, surtout en ce qui concerne les techniques, la science et les nouvelles technologies. Seulement la combinaison optimale de sa propre culture, identité nationales et de la créativité endogène avec l’ouverture aux tendances mondiales peuvent créer des conditions nécessaires pour le développement des pays du Tiers-monde. 
  
  6. Citations
 
 
-          "...l'identité vécue est la force qui anime les collectivités humaines et leur donne cohésion... elle suscite la mobilisation et nourrit la dynamique du développement." (UNESCO, Deuxième plan à moyen terme, 1984-1989);
-          "Le sous-développement s'institue d'abord dans l'imaginaire, par la dépossession de la connaissance de la réalité et l'intégration du jugement de l'autre." (Latouche, 1984);
-          "Un peuple ne se fera un destin que si d'abord il crée en lui-même une résonance, une possibilité de résonance pour ce destin, et s'il comprend sa tradition de façon créatrice" (Martin Heidegger, Introduction à la métaphysique) 
  
  
  7. Appréciation personnelle
 
Ce livre représente une contribution importante dans les théories du développement. L'auteur définit bien avec des nombreux exemples l'importance et la pertinence de la culture pour le développement. De l'autre coté, l'auteur ne se ferme pas dans l'analyse "culturaliste" en sens négatif, parce qu'il admet aussi l'importance des autres facteurs économiques et politiques dans le développement. L'organisation du livre est cohérente et facile à suivre. Cependant, la principale contribution de ce livre ne consiste pas dans les solutions proposées par l'auteur, mais dans le fait que l'auteur suscite des nouvelles directions de réflexion sur le rôle de la culture dans le développement, c'est-à-dire, le livre créé "des bases de créativité" pour les recherches futures sur le phénomène de la culture dans le développement. Personnellement,  j'ai trouvé ce livre très important parce que j'ai vécu moi-même pendant l'époque soviétique dans mon pays, la domination culturelle et linguistique qui a bloqué et continue de poser des obstacles pour le développement, et je pense cette approche d'analyse du développement est fructueuse pour définir les problèmes du développement et d'essayer de trouver des solutions pour eux. 
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
 

War on AIDS

The AIDS is seriously undermining at the present the lives of millions and millions of people in Africa, and it is progressing rapidly in Central Europe and the former Soviet republics.
 
It is the high time to make it a number one priority for the UN. It is the time to define clear objectives and deadlines in the war against AIDS.

 
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